Fireside-Chat avec Bea Albermann : imaginer une société centrée sur le bien-être plutôt que sur la croissance
- One Planet Lab

- 24 nov. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 déc. 2025
Début octobre, le Fireside-Chat a réuni Bea Albermann, médecin et experte en santé planétaire, et Leonard Creutzburg, co-directeur du One Planet Lab. Cette discussion a mis en évidence la forte interdépendance entre les questions de santé, l'environnement et les conditions sociales.

Bea Albermann mène des recherches sur la post‑croissance et la santé à l’Université de Lausanne. Elle a débuté le Fireside-Chat en expliquant le concept de santé planétaire, dont l’idée principale est que la santé humaine dépend directement d’écosystèmes vivants, de biodiversité intacte et d’un tissu social stable. Elle a aussi souligné que la Suisse, un pays aux émissions élevées, devrait assumer une grande responsabilité en matière de politique de santé durable et de protection du climat. Paradoxalement, le système de santé suisse, qui est l’un des plus coûteux d’Europe, est à l'origine d’environ 7 % des émissions nationales et compte parmi les secteurs les plus nocifs pour l'environnement.
« L’hypertension artérielle est un danger, semblable aux zones d’incertitude qui se créent lorsque les limites planétaires sont transgressées. »
Bea Albermann souligne aussi combien notre santé est influencée par nos conditions de vie : accès aux espaces verts, exposition aux îlots de chaleur, cadre de travail, niveau de revenus. Les personnes à très faibles revenus sont souvent les premières exposées aux risques environnementaux et sanitaires.
Les études scientifiques montrent par ailleurs que dans les pays marqués par de fortes inégalités sociales, même les groupes les plus favorisés au sein de la société n'obtiennent pas de meilleurs résultats en matière de santé. Il est donc bénéfique pour l’ensemble des groupes sociaux de réduire les inégalités, afin de renforcer globalement le système de santé.
Un autre exemple de l'étranger renforce cette thèse. En Suède, les personnes âgées en jouissent d’un meilleur bien-être durant leurs dernières années de vie qu’en Suisse, alors que le système de santé suédois est nettement moins nocif pour l'environnement. Cela veut dire que le lien entre "croissance économique" et "espérance de vie en bonne santé" n’existe que jusqu’à un certain seuil. Au‑delà de celui-ci, la croissance supplémentaire générée ne conduit pas à de meilleurs résultats de santé.
Lorsque Leonard Creutzburg a demandé si la politique de santé concernait l’ensemble des domaines politiques, Albermann a répondu oui sans hésiter. Le principe « Health in all policies » soutient des décisions politiques qui favorisent la santé et le bien-être dans leur ensemble. Par exemple, en développant des pistes cyclables, les politiques publiques favorisent non seulement la mobilité douce, mais réduisent aussi les risques cardiovasculaires des citoyen·es.
Ce Fireside-Chat rappelle une réalité essentielle: la prévention et la protection de notre environnement contribuent de manière essentielle à notre bien-être. Pourtant, en Suisse, à peine 3 % des dépenses de santé sont consacrées à la prévention et à la promotion de la santé. Même si la prévention et la protection de l’environnement apportent peu de bénéfices économiques à court terme, elles sont indispensables pour notre santé à long terme.
« Notre système de santé devrait viser à maintenir les personnes en bonne santé, plutôt que d'exclusivement les guérir. Pour cela, le gouvernement suisse doit mettre en œuvre des mesures de protection de l’environnement de manière cohérente. Un environnement sain est également un droit humain. »
Découvrez l’échange complet sur Youtube (en allemand)










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