Vers la sobriété numérique : pourquoi est-elle essentielle aujourd'hui ?
- One Planet Lab

- il y a 39 minutes
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Depuis plusieurs années, le numérique stimule l'innovation et l'efficacité. Pourtant, il devient de plus en plus évident que le progrès numérique, à lui seul, n’assure pas un avenir plus durable. A l’inverse, la transformation numérique risque de devenir elle-même une source de pollution, de surexploitation des ressources et d’aggravation des inégalités, si elle n’est pas pensée de manière responsable.

C'est précisément là qu'intervient le concept de sobriété numérique. Il s’agit de se demander dans quelle mesure les technologies numériques sont réellement nécessaires et comment les concevoir afin qu’elles consomment le moins de ressources possible tout en profitant au bien commun. La solution la plus pertinente semble consister à adopter une utilisation consciente et judicieuse des technologies numériques, plutôt que de les exclure totalement de notre quotidien.
Dans cette dynamique, l’événement « Towards Digital Sufficiency », organisé à Berne le 21 janvier 2026 par le One Planet Lab et Prototype Fund Switzerland, a souligné l’importance d’adopter une approche plus responsable à l’égard du numérique. Les interventions de Hannes Gassert, de Verena Kontschieder (Prototype Fund Suisse), le message vidéo du conseiller national Gerhard Andrey ainsi que la conférence inaugurale de Hugues Ferreboeuf ont apporté des contributions importantes à la bonne compréhension des enjeux actuels.
Le secteur du numérique connaît une expansion rapide, mais cette croissance n'est pas soutenable écologiquement
Comme l’a rappelé Gerhard Andrey, l’expansion de l’infrastructure numérique s’accélère, mais la consommation d’énergie et de matériaux ne diminue pas. L'augmentation des volumes de données, les contenus générés par l'IA et la multitute de nouveaux services numériques font grimper continuellement la demande mondiale en énergie. Actuellement, les technologies numériques représentent environ 11 % de la consommation mondiale d'électricité.
Un aperçu des données disponibles
Dans son discours, Hugues Ferreboeuf a souligné que :
· Les émissions du secteur numérique ont augmenté de 50 % en seulement dix ans.
· La consommation d'électricité des centres de données pourrait tripler d'ici 2030.
· La transparence des chaînes d'approvisionnement demeure limitée, tandis que l'influence sur le marché de quelques groupes technologiques ne cesse de s'accroître.
Si rien ne change, le secteur numérique sera responsable d'environ 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2030, soit deux fois plus qu'en 2020 et autant que l'industrie automobile actuelle.
De l'abondance à la sobriété
Pour qu'un avenir numérique durable soit possible, un changement de mentalité est nécessaire : passer d’une logique de croissance illimitée à une transformation numérique qui respecte les limites planétaires.
Les principaux leviers de la sobriété sont les suivants :
· La transparence pour réduire les asymétries d’information.
· Sensibiliser les utilisateur·rice·s afin qu’ils·elles utilisent les outils numériques de manière plus consciente.
· Limiter le pouvoir des plateformes pour favoriser des marchés équitables.
· Interdire les conceptions manipulatrices ou addictives.
· Mettre en place des budgets énergie et CO₂ pour orienter l’innovation dans la bonne direction.
· Encourager des technologies et des modèles économiques économes en ressources.
Les prototypes sont présentés.
Exemples pratiques : la sobriété en action
L'événement a également permis de montrer que la sobriété numérique est depuis longtemps une réalité. Quatre prototypes ont été présenté·e·s par les porteur·euse·s de projets :
1) impACT
Ancre les comportements respectueux du climat grâce à des défis collectifs dans les organisations.
2) QLever Federation
Réduit le stockage redondant de données et la consommation d’énergie dans la recherche en permettant l’interrogation directe et à distance de vastes ensembles de données – une avancée vers une infrastructure de données plus durable.
3) WildCamera
Développe des outils durables et ouverts pour l'observation de la faune sauvage, économes en ressources et favorisant la biodiversité.
4) Zero-Power Indicator (ZPI)
Un indicateur visuel qui fonctionne entièrement sans électricité représentant un exemple inspirant de conception technologique sobre.
Conclusion
L'événement a mis en évidence que l’avenir du numérique peut être durable, à condition de ne pas percevoir la transformation numérique comme une finalité, mais plutôt comme un levier au service d’une société plus équitable et respectueuse des ressources naturelles. À ce titre, la sobriété numérique constitue un repère essentiel pour guider cette démarche.
Nous remercions les intervenant·e·s et les participant·e·s.














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